Le bourgmestre de Furnes ~ Georges Simenon

Ce livre est une petite prouesse. On y trouve en effet l’ambiance du roman policier sans qu’il n’y ait ni meurtre ni assassin, en tout cas pas au sens classique du genre. Furnes –petite ville flamande fantasmée par Simenon (il n’y a en fait jamais mis les pieds)- semble ronronner dans son quotidien… Le café, les petites maisons à pignon, la place pavée, le brouillard, l’horloge qui sonne, la fabrique de cigare et la Maison communale avec son bourgmestre, Joris Terlinck dit Baas, qui dirige tyranniquement et sans émotion la petite ville. Je ne sais pas qui est le véritable héros du roman, le bourgmestre ou la ville elle-même, tant l’atmosphère de la cité est présente, pesante… La ville semble littéralement surgir à nous dès les premiers mots lus.

Un drame va avoir lieu, un soir, et tout va subtilement changer, tout va être ébranlé. La ville, la vie de ses habitants, et surtout la force émotionnelle de son bourgmestre. C’est un roman de détente mais tout en finesse. Une détente intelligente en fait, loin de la perte de temps.

Je vous recommande vivement ce petit livre, écrit en 1938, qui n’a pas pris une ride, pour un petit voyage en Flandre.

simenon

« C’était tout près, à peine quinze kilomètres. Au bout du village, là où on découvrait déjà les dunes et l’eau verte de la mer, des petites maisons s’alignaient, sans étage, chacune précédée d’une barrière. Les barrières étaient peintes en bleu, en blanc, en vert. Celle de sa mère était vert pâle.

Il savait que les voisins regardaient à travers les rideaux. Il savait qu’on disait:

-C’est le bourgmestre de Furnes.

Et ils savaient, eux, que son père, le vieux Joris, jusqu’à la veille de sa mort, avait pêché la crevette devant la plage, avec son cheval qui trainait le filet à marée basse.

Est-ce que quelqu’un, dans le quartier des petites maisons basses, ignorait qu’il avait offert à sa mère d’habiter Furnes, ou n’importe quel endroit qui lui plairait, et de lui verser une pension?

Elle était têtue! Il avait toujours eu affaire à des femmes têtues! Elle n’était pas chez elle, il le voyait du premier coup d’œil à ce que les rideaux étaient fermés et la barrière mise au verrou. »

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2 commentaires »

  1. Ce sont des billets comme celui-ci qui nous font regretter de ne pas te lire plus souvent 🙂

  2. kroustik said

    Ce sont des commentaires comme celui-ci qui m’encouragent à écrire plus souvent ;).

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